BILAN DU QUINQUENNAT DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇOIS HOLLANDE

Dernière mise à jour : 8 févr. 2021

Beaucoup a été dit et écrit sur le bilan du quinquennat du Président François Hollande par des éditorialistes, des économistes, les frondeurs, les spécialistes de la politique mais très peu de ses soutiens de la première heure issus de la société civile se sont exprimés.


Nous avons voulu retracer son quinquennat à la lueur de sa vision explicitée en particulier dans son livre publié en 2011 « Le rêve français », sa conférence de presse sur son programme détaillé en 2012 et son discours du Bourget et à la lueur de la réalité vécue au jour le jour pendant 5 ans.


Nous avons également, après avoir retracé les éléments clés de son bilan, voulu tenter une analyse des raisons du « désamour des français » et donc de son renoncement.

C’est un Président qui a eu à redresser une France laissée en état de quasi faillite et déprimée dans un contexte de crise européenne, et qui au moment de l’approche du dernier kilomètre de sortie du tunnel se retrouve confrontée à une situation dramatique, de guerre totale contre le terrorisme.


Ce Président aura eu, dans ces circonstances difficiles, à préparer la France du 21 -ème siècle en la rendant plus forte et plus juste, en redressant sa situation économique sans casse sociale et en maintenant sa cohésion et son unité au cours des périodes d’attentats terroristes.


UNE FRANCE PLUS FORTE

LE REDRESSEMENT DU PAYS


Le Président François Hollande a respecté son principal engagement qui était le redressement du pays dans la justice.

La nécessité de réduire les déficits publics et de restaurer la compétitivité des entreprises a été martelée par François Hollande pendant la campagne des primaires et pendant la campagne de 2012 et (cf. engagement 9 « le déficit public sera réduit à 3% du produit intérieur brut en 2013. Je rétablirai l’équilibre budgétaire en fin de mandat »).

Or une partie de la gauche et du parti socialiste appuyée par les médias n’a cessé pendant 5 ans d’invoquer le non-respect de ses engagements, reprenant ainsi l’éternel procès fait à la gauche de gouvernement lorsqu’elle exerce le pouvoir.

Pourtant :

∙ La politique menée correspond aussi à la grande cohérence politique de François Hollande une première chez les Présidents de la V république et chez les hommes politiques français en général cf. le discours de Lorient en juin 2009 « l’après crise sera le temps de l’ajustement budgétaire et fiscal, compte tenu des déficits publics gigantesques qui sont en train de se creuser. La gauche devra faire preuve de courage). Il parlait déjà de la politique de l’offre dans un article paru le 18 juin 1985 : « c’est l’insuffisance des investissements de capacité plus que l’affaiblissement de la demande qui explique le mieux le chômage…Qu’il soit nécessaire de transférer une part des charges de l’entreprise sur les ménages nul ne le conteste vraiment »

∙ En prônant un pacte de compétitivité, François Hollande est le premier leader socialiste français à avoir dit aussi clairement qu'il fallait mener une politique de l'offre. Cf. en Novembre 2012 « Aujourd'hui, nous avons à faire un effort pour que notre offre soit consolidée, plus compétitive et je l'assume ! Et en même temps, nous devons préserver la demande et faire la mutation, c'est-à-dire comprendre que le monde est en train de changer, que la transition vers une nouvelle façon de produire, de consommer, de nous transporter est en marche. »

∙ Ceux qui n’ont cessé à gauche de critiquer la politique menée ont oublié aussi que « la gauche est minoritaire en 2012, elle est encore plus minoritaire en 2016 » (cf. François Hollande dans le livre de Davet p 633).

∙ Faire un mantra du respect de tous les engagements fixés à une période donnée équivaut à s’interdire d’adapter la politique d’un pays aux changements multiples qui peuvent se produire, aux crises et aux faiblesses d’une économie.

∙ Enfin il ne faut jamais oublier que le mandat de François Hollande aura été un des plus difficiles de la V république. Il aura été confronté à une succession de crises très graves internationales et nationales (Zone Euro, Grèce, Ukraine, montée du terrorisme dans le monde, multiples attentats sur le sol français …)

La méthode choisie et voulue par François Hollande était social-démocrate, comprenant dialogue social et culture du compromis, méthode encore inadaptée à un pays habitué au rapport de force. En cela il a voulu faire entrer la France dans la modernité du processus de décision.

Le chef de l’État sortant peut se targuer de laisser une croissance et des comptes publics pratiquement conformes aux critères européens, d’avoir préservé le modèle social, en dépit de la crise, et fini par inverser la courbe du chômage, à laquelle il avait lié son éventuelle candidature.

Une des difficultés à laquelle a été confronté François Hollande c’est que les politiques de l’offre mettent plusieurs années à produire des résultats. Or les français étaient impatients et une partie du PS par idéologie et méconnaissance économique n’a pas été capable de faire un travail d’explication. De même François Hollande n’a pas su faire la pédagogie de sa politique.


1) La restauration des comptes publics


En mai 2012, le déficit était de l’ordre de 5, 3 %, la croissance nulle.

La restauration des comptes publics et la diminution du déficit public constituaient une urgence au moment où François Hollande a accédé au pouvoir et ce d’autant que la zone euro traversait une crise qui remettait en cause son existence même :

François Hollande a augmenté dans un premier temps les prélèvements sur les ménages et les entreprises, solution plus rapide que la diminution des dépenses publiques qui met davantage de temps à produire des effets et qui sera mise en œuvre parallèlement.

Le déficit public a été réduit fortement en 5 ans pour s’établir à 2,7 % selon les dernières prévisions du gouvernement Hollande.

Les dépenses de l'Etat ont baissé de 6,3 milliards d'euros entre 2012 et 2016.

Sur la même période, le déficit de la Sécurité sociale et du Fonds de solidarité vieillesse (FSV) a reculé de trois milliards d'euros par rapport à 2015 pour atteindre 7,8 milliards d'euros, soit le montant le plus faible depuis 2002. En 2012, il avait atteint 17,5 milliards d'euros.


L’ajustement budgétaire nécessaire et justifié a donc été conséquent malgré la conjoncture défavorable et faute d’explication du bilan catastrophique de Nicolas Sarkozy a conduit au « ras le bol fiscal »


2) Les mesures pour relancer l’économie


Très vite après l’élection de François Hollande, il est apparu que la situation des entreprises françaises était beaucoup plus dégradée que prévue et que sans restauration de leur compétitivité, il serait impossible de faire baisser le chômage à terme.


a) Le Pacte pour la croissance, la compétitivité et l’emploi annoncé le 6 novembre 2012, vise à redonner aux entreprises qui opèrent en France les moyens de se repositionner de manière offensive et durable dans la compétition internationale, tout en concourant à la compétitivité de l’économie nationale avec notamment :

∙ La mesure phare, le CICE, l’instauration d’un crédit d’impôt pour toutes les entreprises employant du personnel salarié. Il est égal à 4 % de la masse salariale brute pour les rémunérations inférieures ou égales à 2,5 smic en 2013, puis à 6 % en 2014.

∙ L’accès à des financements performants et de proximité par la création de la Banque publique d'investissement (BPI), avec une nouvelle garantie publique permettant d’apporter plus de 500 M€ de trésorerie aux PME et l’établissement d’un plan d’action pour lutter contre l’allongement des délais de paiement.

∙ La simplification et la stabilisation de l’environnement réglementaire, administratif et fiscal et un accueil facilité pour les talents étrangers et les visiteurs professionnels.


b) Le Pacte de responsabilité et de solidarité poursuit et amplifie les mesures engagées depuis 2012 en faveur de l’emploi et de l’investissement. Présenté en janvier 2014, son principe est d’alléger les charges des entreprises, réduire les contraintes sur leurs activités et, en contrepartie, permettre plus d'embauches et davantage de dialogue social.

∙ Il mobilise plus de 20 milliards d’euros supplémentaires sur trois ans pour permettre aux entreprises de retrouver les marges nécessaires pour embaucher, former leurs salariés, investir et innover.

∙ Le coût du travail au niveau du Smic est réduit avec l’exonération des cotisations patronales versées aux Urssaf

∙ Les cotisations familiales baissent pour les travailleurs indépendants, à hauteur d’1 milliard d’euros

Le Pacte est financé :

∙ Par la maîtrise des dépenses publiques : le Gouvernement s’est engagé, à réaliser 50 milliards d'euros d'économies entre 2015 et 2017 ;

∙ Par la lutte contre la fraude fiscale : en 2013, la lutte contre la fraude et l'évasion fiscales a permis de recouvrer plus de 10 milliards d'euros, soit 1 milliard d'euros de plus qu'en 2012.


c) La Loi pour la croissance et l’activité dite « loi Macron » 6 août 2015

La loi qualifiée de « fourre-tout » vise de manière générale à « libérer » l’activité économique en introduisant plus de concurrence, notamment dans les secteurs réglementés.

Parmi ces mesures, on trouve :

∙ L’élargissement des possibilités d’ouverture des commerces le dimanche et la nuit.


∙ La libéralisation des transports par cars grâce à la suppression du monopole de la SNCF. ∙ Une réforme de la réglementation de certaines professions (notaires, huissiers de justice et commissaires-priseurs) afin d’augmenter le nombre de ces professionnels.

∙ Une incitation à l’épargne salariale et à l’actionnariat salarié.

∙ Simplification de la procédure prud’homale.

∙ Assouplissement du permis de conduire.

La politique économique mise en place a produit les résultats attendus puisque :

∙ La croissance repart fortement, elle est installée depuis fin 2016 sur un rythme solide, d'environ 0,5% par trimestre pour atteindre vraisemblablement près de 2 % en 2017. ∙ La consommation des ménages, en hausse de +0,2% et de +0,4% au premier et au deuxième trimestre 2017 reste solide.

∙ L'investissement continue de progresser, que ce soit celui des entreprises (+0,9% et +0,5%) ou celui des ménages (+0,9% et +1%).

∙ Le retour de l’attractivité de la France, avec un bond très important en 2016, sans invitation des entreprises étrangères à Versailles… (La France est passée à la troisième place européenne derrière l’Allemagne et le Royaume uni)

∙ Baisse sensible du coût du travail.

Avant le mandat de François Hollande le coût du travail progressait plus vite en France qu'en Allemagne. Désormais c'est le contraire, le coût du travail progresse moins vite dans notre pays ce qui fait que nos entreprises gagnent en compétitivité (+ 1,7 % sur un an. A comparer avec + 2,2 % en Allemagne. Et + 3 % au Royaume Uni.)

Pour Axel de Tarlé (Europe 1, 20 Décembre 2017) « La méthode employée par François Hollande a été douce. Plutôt que de baisser les salaires (ce qui est douloureux). On a baissé les charges des entreprises (avec le CICE). Pour les entreprises ça revient au même c'est autant de moins à payer ».


3) la diminution du chômage

En plus des différentes mesures prises pendant la première partie du quinquennat, des emplois aidés et des emplois d’avenir, un plan d’urgence contre le chômage a été mis en œuvre en Janvier 2016 avec notamment :

∙ Le dispositif "Embauche PME" : une PME qui embauche un salarié à temps plein et rémunéré jusqu'à 1,3 fois le Smic pourra bénéficier pendant deux ans d'une aide forfaitaire de 500 euros par trimestre, soit 4 000 euros au total

∙ 500 000 formations supplémentaires en 2016 en faveur des demandeurs d’emploi. François Hollande avait lié sa candidature en 2017 à l’inversion de la courbe du chômage.

Cet engagement lui a été beaucoup reproché. Or on peut considérer qu’au contraire c’était l’affirmation d’une politique volontariste et une obligation de résultat pour l’exécutif. Ce qui en réalité a posé problème c’est l’appréciation de cette courbe du chômage en se basant uniquement sur les chiffres de pôle emploi, mois par mois, qui n’étaient pas significatifs et ne donnaient pas de vue d’ensemble.

Au sens de l'Insee, et selon les normes du BIT, le chômage a fortement augmenté jusqu'à la mi-2013, s'est stabilisé autour de 10% en métropole, avant de décroître à partir de 2016.

François Hollande a donc entièrement rempli ses engagements : réduire les déficits publics, restaurer la compétitivité des entreprises, retrouver de la croissance et diminuer le chômage.


L’ACTION INTERNATIONALE ET EUROPEENNE


1) L’action en Europe

Pendant la campagne de 2012, François Hollande s’était fixé l’objectif de changer l’Europe, considérée à gauche comme trop libérale, trop focalisée sur la réduction des déficits et pas assez sur la relance de l’économie. Son objectif paraissait ambitieux, face à l’intransigeance d’Angela Merkel en matière budgétaire.

Très vite il est apparu que la situation économique très mauvaise de la France en 2012 ne permettrait pas à François Hollande d’atteindre ses objectifs rapidement car le pays n’était pas en situation de force face notamment au Royaume Uni qui n’avait pas encore voté le Brexit et face à l’Allemagne. Dans ce domaine aussi il était indispensable que l’économie du pays s’améliore pour que la France redevienne crédible vis-à-vis de ses partenaires. D’où la cohérence de la politique économique qu’il a menée.

Contrairement à ce qui est répété par les commentateurs, François Hollande a formulé beaucoup de propositions dans des domaines très différents pour faire avancer l’UE. En définitive, s’agissant de la politique européenne, le Président aura fait preuve d’une forte capacité de proposition.

Confronté à de multiples crises, à une opposition parfois forte des autres Etats membres et à un fonctionnement institutionnel européen complexe, sa marge de manœuvre a pu être réduite.

La question était : fallait-il renverser la table ou établir des compromis : François Hollande a toujours privilégié les compromis car il considère « que c’est comme cela que fonctionne l’UE, qu’on avance plus efficacement sans arrogance et sans braquer des pays les uns contre les autres »


a) Propositions économiques

Le traité budgétaire a été ratifié mais François Hollande a obtenu qu’y soit adjoint un pacte sur la croissance de 120 milliards, puis le plan Juncker beaucoup plus ambitieux.

∙ Euro obligations : refus de Merkel

∙ Inflexion dans la politique monétaire BCE : En janvier 2015, BCE lance un programme inédit de « quantitative easing »

∙ François Hollande a œuvré avec Donald Tusk pour la mise en place d’une « Europe de l’énergie » accord de principe des 28 lors du sommet européen du 19 mars 2015, grâce à une alliance entre les deux dirigeants.

∙ Initiative pour la mise en place d’1 taxe sur les transactions financières.

∙ Agence de notation européenne approuvée par le Parlement UE, mais la commission a été beaucoup plus réticente.

∙ Directive européenne sur la protection des services publics et mise en place d’une taxe carbone européenne, (en suspens).


b) Propositions sur la refonte de l’union politique

La plupart des propositions formulées par la France aujourd’hui sont en réalité celles qui ont été portées par le Président Hollande pendant 5 ans :

*Pendant la campagne présidentielle, François Hollande avait rêvé d'un nouveau traité avec l’Allemagne à l’occasion des 50 ans du traité de l’Elysée. "En janvier 2013 (…), si les Français m'en donnent mandat, je proposerai à la chancelière d'Allemagne l'élaboration d'un nouveau traité franco allemand »

La signature d’un nouveau traité s’avérant compliqué, François Hollande a proposé de conclure un compromis solide avec la chancelière Angela Merkel pour « redonner un contenu à l’union politique européenne » :

∙ Création d’un groupe de travail consultatif franco-allemand qui proposera des initiatives conjointes dans le domaine de la compétitivité ainsi que du modèle social des deux pays. ∙ Parmi les secteurs privilégiés, l'économie numérique avec la réalisation possible d'une académie numérique.

∙ Concernant la citoyenneté européenne, France et Allemagne veulent "œuvrer à la mise en place d'un parquet européen et à la mise en place d'un régime d'asile européen commun". ∙ Un « new deal » sous forme de 8 milliards d’euros destinés à financer des mesures pour l’emploi et la garantie jeunes de moins de 25 ans en grande précarité.

François Hollande présente officiellement ses propositions pour réformer les institutions européennes au Conseil européen, en juin 2014. Y figurent l’idée d’un salaire minimum dans chaque pays, un rapprochement des politiques fiscales et la création d’un poste de président de l’Euro groupe à plein temps…

En mai 2015, Angela Merkel signe avec le Président français une contribution commune qui reprend une grande partie de ses propositions, appuyée ensuite par le « rapport des cinq présidents » de l’UE (Conseil européen, Parlement européen, Commission européenne, Eurogroupe et BCE) .Le 14 juillet 2015, François Hollande va un cran plus loin en prônant la mise en place d’une nouvelle institution : un parlement spécifique à la zone euro.


c) Grèce

François Hollande a joué un rôle primordial pour le maintien de la Grèce dans la zone euro.

Pour Bruno Cautrès, chercheur au CEVIPOF "la crise grecque aura été l’occasion, pour François Hollande, de prouver aux électeurs qu’il tenait deux de ses promesses : son opposition au ’monde de la finance’ (incarné par l’Allemagne et le FMI), et la réorientation du traité budgétaire. Il a, à travers cette opération, montré qu’une communauté politique intégrée était privilégiée sur les enjeux économiques »


d) Ukraine

C’est François Hollande qui a permis de renouer le dialogue entre les parties au plus fort de la crise, en établissant une rencontre, lors des célébrations des 50 ans du débarquement, au printemps 2014, en Normandie. Ce dispositif appelé « Format Normandie » fonctionnera pendant tout le mandat.

C’est également François Hollande qui est à l’origine de l’initiative des rencontres à Minsk qui aboutiront à l’accord du même nom, signé le 12 février 2015.


e) Sécurité

L’Europe doit aussi beaucoup au Président Hollande en matière de sécurité. « Sur le Sahel, la France a réussi à faire en sorte que les Européens s’approprient les enjeux de la région, ce qui n’était pas gagné. Aujourd’hui, cette région apparait sur le radar de toutes les capitales européennes. C’est un changement qu’on peut imputer à une politique active de la France » indique Vincent Pertusot de l’IFRI.


f) Réfugiés

François Hollande a été très critiqué par une partie de la gauche, celle-là même qui n’aura cessé de le faire pendant 5 ans.

Dans l’absolu, il est vrai que la politique d’accueil des réfugiés de François Hollande a été timorée au regard de l’action en la matière de la chancelière Merkel.

Mais il convient de noter que François Hollande en septembre 2015 en accord avec l’Allemagne promettait d'accueillir 24.000 réfugiés.

L’Europe s’est trouvée profondément divisée par la crise des réfugiés, de nombreux pays à l'est de l'Europe ayant refusé de partager le fardeau des demandeurs d'asile.

François Hollande a choisi une position médiane pour tenir compte du contexte tendu en France (le contexte allemand étant en 2015 complètement différent) lié à la multiplication des attentats, à la montée du Front National, à la réticence et à la peur des français face à l’accueil des migrants.

On peut noter que certains de ceux qui avaient vertement critiqué François Hollande pour sa politique timorée appliquent aujourd’hui une politique encore plus restrictive….

Par ailleurs 2 textes de loi ont été votés relatifs au droit des étrangers et au droit d’asile en 2015. Ils visaient à simplifier le droit au séjour des étrangers en France et à réformer en profondeur le droit de l’asile notamment en réduisant les délais.


2) L’action internationale


La diplomatie politique offensive de François Hollande s’est accompagnée d’une diplomatie économique affichée.

On peut dire qu’avec François Hollande l’expression galvaudée de « la France est de retour » a pris tout son sens par rapport à son prédécesseur qui avait délaissé un grand nombre de pays ou voire même entretenait de mauvaises relations avec beaucoup d’autres.

Contrairement à certains éléments de langage actuels, François Hollande aura pratiqué une diplomatie pragmatique, en dialoguant avec la plupart des chefs d’état du monde entier mais sans jamais laisser de côté les valeurs universelles portées par la France.

C’est ainsi que Chibli Mallat dans l’Orient-le jour en janvier 2017 rendait hommage à François Hollande : « Paris demeure, pour des millions de personnes que François Hollande a sauvées ces dernières cinq années d'une menace immédiate, la capitale politique phare dans le registre humanitaire. Le Mali, la République centrafricaine, l'Irak et, dans une certaine mesure, le Liban doivent à la France sous Hollande d’avoir évité d’être complètement écrasés sous l'infâme, dans un monde où l'Occident démocratique leur a résolument tourné le dos. Dans l'effroi immense de l'enfer syrien, François Hollande a été le dirigeant qui a montré le plus de consistance, le plus de courage et le plus de détermination face à une coalition brutale de dictateurs voulant sauver leur reflet du miroir au pouvoir à Damas. Le cynisme de Barack Obama était trop fort. Le martyre d'Alep détermine déjà le registre du respect dans l'histoire du XXIe siècle : Hollande s'y retrouve très seul ».


a) Nouvelle politique indo-Asie-Pacifique de la France tout au long de son mandat ∙ En raffermissant les relations avec le Japon et la Chine malmenées par son prédécesseur (2 visites de François Hollande en Chine, une visite d’Etat du Président chinois en France), l’Inde, l’Australie.

∙ En développant les relations avec le Vietnam, la Malaisie, Singapour.

∙ En affirmant un intérêt remarqué pour les petits États insulaires du Pacifique. ∙ En favorisant l’émergence d’une diplomatie territoriale de la Nouvelle-Calédonie, de la Polynésie française et de l’île de la Réunion.


b) Renforcement de la diplomatie française en Amérique latine

∙ Alors que ce continent avait été délaissé par ses prédécesseurs, renouant ainsi avec la politique de De Gaulle et Mitterrand. François Hollande a souhaité réinvestir les liens culturels forts existant entre ces pays et la France et agir également sur le terrain économique.

∙ Il s’est rendu quatre fois en Amérique latine : développement des partenariats et des accords au niveau économique, scientifique et culturel. François Hollande a fait usage du "soft power" en étendant la voix de la France dans la région.

∙ Il a été le premier chef d’état à se rendre à Cuba.


c) La France et le continent africain : une nouvelle donne

∙ Restauration de bonnes relations avec l’Algérie : François Hollande partage la position algérienne sur la Libye. L'Algérie qui accueille le dialogue inter-malien prône la même solution pour la Libye. En janvier 2013, au moment de l’opération « Serval » au Mali, l’Algérie avait ouvert son espace aérien aux avions français et fourni un appui en renseignement et en ravitaillement de carburant.

∙ Restauration de liens distendus avec le Maroc, la Tunisie (soutien à la démocratie tunisienne, aide dans la lutte contre le terrorisme, participation à la grande marche contre le terrorisme à Tunis en mars 2015).

∙ Fin de la France Afrique : fin des officines douteuses, toutes les interventions sur le sol africain ont été faites avec l’aval de l’ONU, discours au Sénégal. Khaled ElrazCar du journal Afrik.com « la politique africaine de François Hollande a d’abord et avant tout été marquée par le respect de la souveraineté des Etats».

∙ Volonté d'aller chercher des parts de marchés en Afrique anglophone et lusophone, les régions les plus dynamiques du continent et non plus seulement en Afrique francophone. Depuis 2012, François Hollande a défendu un rééquilibrage en ciblant l'Angola, l'Éthiopie, ou encore le Nigéria dont le PIB était supérieur à celui de l'Afrique subsaharienne francophone.


d) Le moyen et le proche Orient :

∙ La France a incarné la défense d'une ligne dure au moment des négociations nucléaires entre l'Iran et les 5+1 (USA, Royaume-Uni, Russie, Chine, France, Allemagne). Cette prise de position ne semble toutefois pas l'avoir desservi puisque le Président iranien Hassan Rohani est venu à Paris pour signer de nombreux contrats quelques mois après la signature de

l’accord sur le nucléaire.

∙ Concernant le dossier israélo-palestinien, la France a essayé de relancer les négociations multilatérales après que l'Assemblée nationale et le Sénat ont reconnu l'État palestinien.

∙ En ce qui concerne la Syrie, François Hollande est le seul dirigeant occidental à être resté constant dans son soutien à la rébellion, il peut se targuer d'avoir eu une certaine hauteur de vue notamment quand il prônait une intervention au moment où Assad avait franchi « la ligne rouge » en faisant usage d’armes chimiques.


e) Russie : Contacts fréquents avec Poutine : format Normandie qui a abouti aux accords de Minsk, alliance de fermeté et dialogue, refus de ventes des frégates.


3) Une Diplomatie au service de l’économie et du rayonnement de la France

La politique diplomatique offensive de François Hollande se traduira également par d’importants succès commerciaux avec pour la première fois des ventes de rafales ce qu’aucun autre président n’avait réussi à faire : Egypte, Inde, Qatar ainsi que très gros contrats avec l’Australie et notamment de 12 sous-marins.

Le rayonnement de la France avec François Hollande s’est également manifesté au travers d’initiatives culturelles fortes comme :

∙ Au Mali, engagement de restaurer les mausolées de Tombouctou

∙ Lancement d’une action de protection des œuvres culturelles menacées dans le cadre de conflits et face au terrorisme (Jack Lang chargé de cette mission)

L’action de François Hollande au plan international lui a valu de recevoir le titre "d’homme d’Etat mondial 2016", décerné par une fondation américaine.


Ce prix lui a valu, en même temps, les sarcasmes habituels de la presse parisienne alors que son action était célébrée notamment en Afrique, le journal Afrik.com titrant : » François Hollande impopulaire, les français auraient-ils la mémoire courte, François Hollande apparemment impopulaire en France, très populaire en Afrique »


LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME


Les attentats terroristes de Paris ont révélé la dimension politique, humaine de François Hollande, ainsi que sa stature internationale.

Face à l’ampleur inédite des attaques terroristes en France, François Hollande a répondu au plan national par la mise en place d’une législation adaptée à la nouvelle situation dans le respect des libertés publiques, par les rappels aux valeurs de laïcité, de démocratie, par la volonté de ne pas discriminer les citoyens de confession musulmane et par le renforcement des dispositifs d’engagement citoyen.

La France a été constamment à l’initiative et en première ligne dans la lutte contre le terrorisme islamiste : Mali, Irak, Organisation de sommets africains pour lutter contre Boko Aram avec, notamment :

∙ La mise en place d'un réseau francophone de lutte contre la radicalisation pour échanger des informations, partager des pratiques efficaces

∙ Le soutien aux kurdes

∙ Le soutien à l’opposition démocratique en Syrie.


1) Les mesures sécuritaires

Pour François Hollande « La lutte contre le terrorisme implique que l’on trouve systématiquement l’équilibre, qui est celui de notre démocratie, entre la nécessité d’assurer la sécurité des Français et de préserver les libertés publiques : "

∙ Instauration de l’Etat d’urgence qui sera prolongé à 4 reprises.

∙ Depuis 2013, trois lois (Loi du 13 Novembre 2014, loi sur le renseignement du 24 juin 2015, loi du 3 juin 2016 renforçant la lutte contre le terrorisme et améliorant l’efficacité et les garanties de la procédure pénale) ont permis d’adapter le cadre législatif de la France aux nouvelles formes de menace. Elles ont tout à la fois aggravé les mesures répressives, étendu l’application du code pénal aux infractions de nature terroriste commises à l’étranger par les ressortissants français ou par des étrangers résidant habituellement en France, introduit dans le droit français des mesures de police administrative novatrices en matière d’accès ou de sortie du territoire ou sur les contenus illicites des sites Internet.

Il faut noter également :

∙ Réorganisation des services de renseignements pour les rendre plus efficaces. ∙ Mesures pour lutter contre la cybercriminalité.

∙ Plan de lutte contre la radicalité, mesures spécifiques concernant les prisons. ∙ L’opération sentinelle.

∙ L’augmentation importante des effectifs dans la police et dans l’armée.


2) La laïcité

Dans son discours salle Wagram le 8 septembre 2016 François Hollande « La laïcité n'est pas une mystique, elle n'est pas la religion d'Etat contre les religions, elle est un ensemble de règles et de droits qui organise la vie de la République",

« L'islam peut-il s'accommoder de la laïcité comme l'ont fait avant lui le catholicisme, les religions réformées, le judaïsme ?". "Ma réponse est oui, clairement oui". "La question se pose aussi à la République : est-elle réellement prête à accueillir en son sein une religion qu'elle n'avait pas prévue avec cette ampleur il y a plus d'un siècle ?», « là aussi je réponds oui, clairement oui ».

Des mesures ont été prises notamment :

∙ Dans les établissements scolaires : pour lutter contre le complotisme.

∙ Instauration d’une journée de la laïcité.

∙ Faire participer notamment les élèves aux différentes journées de commémoration.


3) L’engagement citoyen

Le président de la République a par ailleurs annoncé la création dans chaque académie de groupes de volontaires, des « réserves citoyennes », pouvant intervenir dans les établissements scolaires ainsi que la création de la Garde Nationale le 12 octobre 2016.

L'objectif, précisé par le chef de l'Etat était de "renforcer et soulager les forces de sécurité de notre pays mises à rude épreuve par la lutte contre la menace terroriste, mais aussi de "répondre au désir d'engagement" exprimé par de nombreux français après les récents attentats.

En revanche la question de la déchéance de nationalité des binationaux convaincus d’actes terroristes proposée par François Hollande au Congrès, ovationné par les parlementaires debout, a fait l’objet d’une polémique intense.

François Hollande en sa qualité de Président de tous les français, soucieux de préserver l’unité nationale à un moment où le pays pouvait se déchirer après les attentats du Bataclan a souhaité tendre la main aux électeurs de droite. Ainsi que cela est confirmé tant par les livres de Vincent Feltesse que Davet et Lhomme. Il ne s’agissait pas d’une mesure politicienne mais de la volonté d’unir le pays et de parler peut-être à une partie des français à laquelle la gauche ne parle plus depuis longtemps.

On connait la suite : les calculs politiciens de la droite et les postures de la « gauche morale » ont contraint François Hollande à retirer le texte et à même faire un mea culpa lors de son renoncement.

La gauche opposée à cette mesure aura réussi à faire croire à tous les binationaux issus principalement du Maghreb qu’ils allaient perdre automatiquement leur nationalité alors que cela ne concernait que quelques terroristes.

On peut s’interroger sur la pertinence de l’opposition virulente de la gauche face à une mesure qui n’aurait concerné que peu de personnes, qui avait l’assentiment des français, qui avait valeur de symbole sur ce que signifie le fait d’être français, qui existait déjà dans le droit civil, et face également à la situation actuelle avec la problématique du retour ou non en France de bi nationaux partis combattre pour Daech.


LA COHESION NATIONALE ET L’ENGAGEMENT


En arrivant au pouvoir François Hollande avait la volonté de reconstruire la cohésion nationale dont il estimait qu’elle avait été rompue dans le mandat précédent, cette cohésion s’est avérée d’autant plus nécessaire face à la vague d’attentats sans précédent qu’a connue la France sous son mandat.


On peut considérer que tout le travail de mémoire qu’il a accompli au travers des différentes commémorations et les initiatives en faveur de l’engagement citoyen ont permis au pays de rester uni malgré tout.

François Hollande a été très moqué pour les commémorations auxquelles il s’est livré et pourtant :

∙ Il y a la nécessité de connaître le passé pour comprendre le présent.

∙ Il y a la nécessité du travail de mémoire d’autant plus important face au retour de l’antisémitisme, du racisme, face au complotisme, à l’islamisme.

Au travers de ces différents hommages, liés en partie aux commémorations des deux dernières guerres (choix des quatre figures de la résistance au Panthéon), c'est une vision de la France que Hollande a brossée qui reconnait toutes les mémoires (Tziganes, Chemins des dames, la réhabilitation des fusillées de 1914, commémoration du 19 mars 1962...)

Une vision de la France qui réconcilie et qui n'oppose pas, où chacun peut se sentir français avec ses différentes appartenances. Une vision de la France détachée des références habituelles et convenues à Napoléon, Jeanne d’Arc, les Rois de France…

François Hollande s’est livré à un véritable « retissage » des liens entre les citoyens français qui n’a pas été perçu comme tel sur l’instant mais dont on peut penser qu’à « bas bruit » cela a contribué à permettre à la France de ne pas se déchirer.


On peut citer ainsi notamment :

∙ La reconnaissance des « souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien". Parmi ces souffrances, il avait cité "les massacres de Sétif, de Guelma et de Kherrata ». ∙ La commémoration du 19 Mars 1962.

∙ La commémoration du génocide arménien, du massacre des tziganes pendant la dernière guerre.

∙ Les hommages à la mémoire juive : Drancy, enfants d’Izieux, mémorial de la shoah, participation aux 70 ans d’Auschwitz.

∙ Le panthéon.

∙ Inauguration de Notre Dame de Lorette : la mémoire de tous ceux qui sont tombés, vainqueurs et vaincus, dans une démarche européenne.

∙ La mémoire de l’esclavage. Le 10 mai 2015, François Hollande a par ailleurs inauguré le Mémorial Acte, le centre caribéen d’expression et de mémoire de la traite et de l’esclavage, à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe.

∙ La mémoire de l’immigration : inauguration du musée de l’immigration que Sarkozy n’a pas voulu inaugurer. François Hollande « Ces immigrés se sont battus "pour la France universelle, pour la France ouverte au monde, capable de promouvoir des idéaux", Cette France, la terre espérée de ceux qui ont fui, au XIXe et aux XXe siècles, les massacres, les pogroms, les guerres, les dictatures, et trouvèrent dans notre pays un refuge pour fonder leur foyer ».

∙ Centenaire de Verdun : hymne à la jeunesse européenne, très critiqué par tous les conservateurs.

L’engagement citoyen a été favorisé pendant tout le quinquennat avec en particulier le « chantier » présidentiel « la France s’engage », transformé en fondation après son départ de l’Elysée. François Hollande a fait ce choix de l’intérêt général plutôt que de lancer la construction d’un nouvel édifice parisien contrairement à la tradition monarchique de ses prédécesseurs.


UNE FRANCE PLUS JUSTE


On oublie souvent que les premières mesures votées sous la présidence de François Hollande sont toutes des mesures

∙ De justice sociale dont la retraite à 60 ans pour carrières longues, création des emplois d’avenir (les emplois aidés), Revalorisation de 25% de l'allocation de rentrée scolaire. ∙ De justice fiscale avec le rétablissement de l’ISF modifié par la droite, la création d'une tranche d'imposition à 45 % sur les revenus supérieurs à 150 000 euros et l’imposition des revenus des actions et des obligations aux mêmes taux que les revenus du travail


Pour comprendre ce qui a guidé l’action du Président, il suffit de relire son livre « Le rêve Français » ou tout était expliqué sur le pacte éducatif annonciateur de ses actions pour la jeunesse et l’éducation et le pacte redistributif, annonciateur de réformes sociales et fiscales en faveur des moins favorisés.


1) Education et Jeunesse

L’école de la République est une école de l’exigence et de l’ambition qui doit permettre à chaque élève de trouver et de prendre le chemin de sa réussite. Au service de cette refondation, l’éducation nationale est, avec 65 milliards d’euros, redevenue le premier poste budgétaire de l’État, et la création de 60 000 postes couvrant tous les métiers de l’éducation a été engagée sur l’ensemble du quinquennat. Depuis 4 années, la refondation de l’École traduit dans le quotidien des élèves et de l’ensemble de la communauté éducative la priorité présidentielle donnée à l’éducation et à la jeunesse.


Dans le cadre de cette refondation voulue par le Président, on peut noter les progrès réalisés au cours de son quinquennat :

∙ Alors que le taux de préscolarisation avait été divisé par trois entre 2001 et 2012, il y a eu progression en 2013, qui s’est confirmée en 2014 et 2015 en éducation prioritaire, selon les objectifs fixés. Le taux global s’élève désormais à 11,7 %. Il atteint même 20,6% en éducation prioritaire.

∙ 1 100 classes ont été ouvertes et les moins de 3 ans sont aussi largement accueillis dans les places disponibles de petite section. Plus de 25 000 places supplémentaires ont ainsi été offertes dans les écoles maternelles pour accueillir ces très jeunes élèves, essentiellement dans l’ensemble des réseaux de l’éducation prioritaire, avec une organisation des activités et des rythmes spécifiques, et un projet d’école particulier.

∙ Plus 40% pour le programme ERASMUS, la France est le premier pays d’envoi des étudiants avec 40 000 mobilités par an.