Journée Nationale et Internationale de la Laïcité – le 9 Décembre

Mis à jour : 10 déc. 2020

La France, République laïque, « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

Une des 22 propositions de D12 est l’instauration de la Journée nationale et internationale de la Laïcité, car ce concept est peu compris dans beaucoup de pays européens et non-européens.


En 1905 la laïcité était simplement la séparation de l’État et des Églises ; aujourd’hui, elle est une frontière entre ce qui relève de l’intime, qui doit être protégé, et ce qui appartient à la sphère publique qui doit être préservé pour un harmonieux vivre ensemble. Dans la complexité des choses, le foisonnement des idées, les nécessaires remises en cause et les adaptations auxquelles nous sommes aujourd’hui confrontés, la laïcité est une sorte de liquide amniotique.

La France se caractérise aujourd'hui par une diversité culturelle plus grande que par le passé. C’est pourquoi elle n’a jamais eu autant besoin de la laïcité, laïcité qui garantit à tous les citoyens quelles que soient leurs convictions philosophiques ou religieuses, de vivre ensemble dans la liberté absolue de conscience. Elle préserve la liberté de pratiquer une religion ou de n’en pratiquer aucune, l’égalité des droits et des devoirs, la fraternité républicaine.

La laïcité n'est pas une opinion parmi d'autres mais la liberté d'en avoir une. Elle n'est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect des principes de liberté de conscience et d'égalité des droits. C'est pourquoi, elle n'est ni pro, ni antireligieuse. L'adhésion à une foi ou à une conviction philosophique relève ainsi de la seule liberté de conscience de chaque citoyen. La démocratie et son exercice présuppose une éthique de responsabilité citoyenne.


Il convient de bien insister sur le fait que lorsque l’on parle de laïcité ce n’est pas de religion que l’on parle mais d’organisation de la vie en société.

Aujourd’hui la laïcité se trouve confrontée à des problématiques nouvelles, apparues ces dernières décennies dans un contexte de montée de revendications communautaristes et de détournement de la laïcité à des fins stigmatisantes. Forte de son héritage, la laïcité républicaine en France doit faire face à ce défi.


La loi du 9 décembre 1905, à qui l’on souhaite associer une journée internationale aujourd’hui, loi de compromis et d’équilibre, fruit d’un travail important du Parlement et de longs débats, a clôturé la période fondatrice de la laïcité républicaine. Elle a donné tout son sens au principe de citoyenneté. « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées dans l’intérêt de l’ordre public » (article 1er). Cependant, elle « ne reconnait, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte » (article 2).


C’est le sens de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État, séparation entre la sphère privée, cela veut dire les convictions personnelles, et la sphère publique, notre société démocratique. On sépare non pas au sens de fracturation mais au sens de l’éthique collective que nous créons ensemble pour que tous puissent y trouver leur place. C’est toute la différence avec le communautarisme qui enferme chacun dans un cercle dont il ne doit pas sortir ; la somme de petits cercles ne constituant jamais un grand cercle unifié. Oxymore des oxymores c’est un séparatisme rassembleur.


La laïcité a un rôle émancipateur de double valeur. D’une part, elle émancipe l’État, de toute tutelle religieuse, associant démocratie et laïcité, portant la même idée de la souveraineté du peuple. D’autre part, la laïcité émancipe également les religions de toute tutelle étatique. Elle garantit ainsi aux croyants et aux non-croyants le même droit à la liberté d’expression de leurs convictions. La laïcité sépare le politique du religieux pour rassembler tous les membres de la société dans la garantie partagée des mêmes droits.


Faire évoluer la laïcité ce serait d’arriver à une forte construction politique ayant comme objectif le progrès social, la lutte contre les inégalités sociales, contre les communautarismes, en garantissant la concorde et la paix civile, dont l’actualité quotidienne nous en montre l’impérieuse nécessité.

Ina PIPERAKI, Pharm.D, PhD.

Académicienne, Académie Royale Européenne de Barcelone


Jean-Michel REYNAUD

Écrivain, Président honoraire de la section des Finances du CESE





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